Ce film pourrait aussi bien s’appeler « Ricochet » tant l’idée que ce qui est lancé à un certain moment a des conséquences, parfois très lourdes, que cela nous revienne ou rebondisse importe peu ; cela surprend toujours, fait mal parfois.
Ce film est une très belle réussite. Le cinéma français dans toute son élégance, milieu bourgeois nanti, Noirmoutier et son légendaire Gois, cet accès submergé à chaque marée haute.
Il s’agit d’un suspense intrafamiliale, admirablement mené en ceci qu’il est impossible de deviner ce qui va se passer. Et ils s’en passent des choses entre le fils, lui-même père de deux filles, en cours de divorce, sa sœur cadette et célibataire. Et leur père, remarié, et la maman, grand-mère et douairière.
Ce qui frappe d’abord c’est la parfaite interprétation de tous les acteurs, dans le registre réaliste, naturel. Ils jouent et parlent de façon extrêmement convaincante. Aidés qu’ils sont par un dialogue remarquablement écrit, et « mis dans la bouche de chacun » avec
toutes les nuances psychologiques que les situations induisent. Émotions, tensions, plaisirs, etc...
Les personnages sont tous parfaitement incarnés et le fait que deux époques soient « entremêlées » avec beaucoup de maîtrise accentue encore cette crédibilité qui se dégage du récit. Il y a une séquence sous l’arbre de Noël qui en fera frémir plus d’uns pour l’avoir vécue ou redoutée !
Certes, l’histoire du film est un cas très particulier, mais il rappelle que nul secret ne peut être tu dans une famille sans causer des dégâts aux générations suivantes. Lorsque le secret est très lourd, les dégâts sont ravageurs.
Un film de qualité pour la distraction d’abord, mais aussi le plaisir d’un artisanat magnifiquement maîtrisé, à tous les niveaux. Une mention particulière à la musique d’Eric Neveux, digne fils musical de George Delerue. A Mélanie Laurent aussi, parfaite et une actrice tellement singulière dans son parcours qu’elle surprend à chaque fois.