Un père et son ami décident, de façon un peu déjantée, de refaire à vélo jusqu'à Istamboul l'itinéraire parcouru autrefois par le fils.
Ce film est une tentative d'exorciser le deuil et en même temps de se servir de l'humour pour dépasser cet état de prostration affective que provoque l'irréparable.
Les dialogues entre ces deux hommes ne sont pas ceux de Schopenhauer ou d'Aristote, mais ils sont souvent touchants, par leur balourdise autant que par leur sensibilité pleine d'humanité.
Ils mènent tous les deux une vie foutraque et nous font partager des situations aussi diverses que farfelues. La fonction de clown est évoquée comme pour imiter un Fellini sans moyen. Je vous recommande l'accueil dans une location en Allemagne, un numéro de comédie exemplaire ! Mais il y a aussi des moments douloureux, surtout pour le père qui est le réalisateur du film.
La façon dont est cadrée, montée, sonorisée cette histoire atteste de ce grand désordre intérieur qui pousse ces buddy avec chien dans ce road movie à deux roues.
Ces deux acteurs sont des marathoniens des seconds rôles, des personnages systématiquement poils à gratter et ici, c'est leur fête malgré les larmes qui jaillissent et peut-être vous émouvront entre deux coups de pédales. Rien n'était écrit ce qui donne au film, outre son aspect improvisé pour le texte, un parfum de documentaire parce qu'il semble capter sur le vif ce qui se passe durant ce pèlerinage sentimental.