Sublime. Le titre désigne un village de haute montagne dans le Trentin, le Haut-Adige ou le Sud-Tyrol, selon que l'on se sente italien ou germain ! La capitale en est Bolzano et ce village qui vit encore comme au début du XXe siècle subit de façon indirecte la fin de la seconde guerre en donnant refuge à un soldat. Déserteur ? Nous n'en saurons pas grand-chose.
Tout l'intérêt du film est centré sur la dynamique collective de cette communauté vivant à l'écart, celle de la vie de la famille d'un instituteur « à l'ancienne » et de son abondante descendance. Un film « systémique » pourrait-on dire tant les interactions entre les personnages sont nombreuses et toujours subtilement retenues. Le silence est encore le mode d'expression le plus loquace dans ce microcosme filmé un peu comme un documentaire, de façon superbe, et dans un premier temps sous une neige qui embellit tout. Et qui met à l'épreuve cette population d'une rusticité âpre.
Mais les saisons se suivent et les relations évoluent entre tous ces êtres à la fois confinés et solidaires.
De nombreux détails sont à découvrir qui évoquent la sexualité des jeunes filles, le machisme des très jeunes garçons, les privilèges et les servitudes de certains.
Le film est clairement inspiré par la sensibilité de la réalisatrice qui à la fois évoque sa famille vue à travers le prisme d'aujourd'hui, et ce qu'était la condition de la femme à l'époque, confinée entre couches et cuisines.
Des cris de nourrissons débutent et clôturent le film, comme Les Quatre saisons de Vivaldi en marquent le chapitrage.
Malgré son style volontairement contemplatif (et les grands maîtres de la peinture ont inspiré l'image) il y a une tension émotionnelle qui va croissant, toute en chuchotements, en cachoteries, et l'empathie pour ces personnes nous laisse profondément émus.
Car l'histoire dévoile des éléments très forts à découvrir si vous payez votre place de cinéma ; vous en serez ravis.