Tout le charme raffiné, délicat et subtil du Japon, mis au service d'un sujet ténu et merveilleusement déployé pendant ce superbe film dont le titre est celui de la chanson du duo folk-rock japonais qui l'a inspiré, My Sunshine de Humbert Humbert.
L'ambiance est d'apparence sportive. Nous passerons du baseball au hockey sur glace puis au patinage artistique en suivant un jeune garçon, un peu poète mais doué pour le sport. Il va être rapproché d'une jeune fille d'une grâce délicieuse qui patine comme une championne sur la musique de Debussy.
Un jeune coach les préparera à la compétition.
Nous apprécions cette rencontre entre poésie, élégance des mouvements physiques et subtilité des relations interpersonnelles qui s'expriment par la litote et de discrets mouvements du buste et de la tête, qui s'inclinent, tant pour acquiescer et se soumettre que pour signifier fermement un refus. Pas la moindre allusion ou moquerie au sujet d'un léger bégaiement qui affecte ce jeune homme très timide.
La durée de l'histoire se déploie symboliquement de l'automne au printemps ce qui nous donne le plaisir de contempler des lieux enneigés puis verdoyants qui contrastent avec les images filmées dans la patinoire par une admirable économie de moyens, laissant à la beauté des mouvements tout le loisir de se déployer dans une lumière « impressionniste » qui sublime ces moments de grâce. Le plus souvent les plans sont larges, parfois immobiles, exprimant ainsi cette pudeur, cette retenue qui font de ce film un spectacle si apaisant, et dont la fin « ouverte » nous rappelle qu'un film n'existe que par le regard de celles et ceux qui le découvrent. Ici sous la lumière chaleureuse d'un soleil bienfaisant.