C'est du chinois. Dans le double sens du terme. Un film d'une extrême complexité thématique et narrative, et qui nous immerge dans la Chine « profonde ». Mais en est-il d'autres ?
Après Black Dog (1638) l'Empire du milieu est de retour. Tout le monde connait Datong, cette ville de la province non moins connue du Shanxi. C'est une ville minière qui vit du charbon. Elle sera totalement bouleversée par la construction d'un barrage qui, comme à Assouan, va déplacer des montagnes.
La singularité du film est d'être composée d'images tournées par périodes, depuis 2001. Avec la même comédienne que l'on voit donc prendre de l'âge (c'est l'épouse du réalisateur). Elle est supposée avoir une complexe histoire d'amour qui devrait faire du film un récit classique de rom-com. Il n'en est rien. C'est une espèce de fourre-tout qui nous apprend beaucoup sur ce quart de siècle post Mao qui n'a rien d'amusant. C'est donc plus un film documentaire dans lequel il faut s'immerger sans en attendre ni une narration compréhensible, ni un exotisme touristicisant si j'ose ce néologisme pour caractériser la curiosité des voyeurs du voyage.
Les points forts sont sans doute les évocations de l'époque Covid, mais aussi la déferlante numérique et l'émergence de la robotique.
Un film à voir car il vous permettra d'arborer fièrement la médaille du mérite.