L'audace de ce film est de ne rien raconter dans une ambiance d'intense suspens qui ne débouche sur rien d'autre que des moments supposés provoquer l'épouvante, dans une ambiance gore en tenue de soirée et dans une esthétique de galerie avant-gardiste.
Et ce qui retient l'attention me semble être une étonnante appropriation de l'écran par une esthétique en rupture avec les standards du genre, un peu comme si Mondrian ou Vasarely s'essayaient à raconter une histoire avec l'aide de Paco Rabanne. L'Op Art ne me semble pas avoir souvent inspiré les cinéastes. Ici, nous en sommes gavés.
Ce couple de réalisateur « belges » nous avait déjà proposé un autre titre abscons Laissez bronzer les cadavres (465). Et ce n'est pas une mauvaise idée d'affirmer déjà sur l'affiche que le film n'est pas brillant. Mais il doit y avoir un public avide de ce genre de non-sens narratif et de provocation visuelle, car le tax shelter met à nouveau la main à la poche.
Oser la confrontation avec Diamonds Are Forever ou avec Reflections in a Golden Eye est assez amusant mais reste un jeu de mots pour sectes cinéphiliques.
A recommander pour les forçats du cinoche avides de découvertes très singulières qui ne sont pas le reflet de ce qu'il y a de plus vivant.