Étrange idée de prénommer ses filles « July and September ». Leur mère, photographe célibataire, semble d'ailleurs assez peu conventionnelle et nous allons « entrer » dans l'intimité de ce trio durant deux périodes distinctes et successives.
La première, de la vie ordinaire : école, maison. La seconde, en exil au bord de la mer, avec des rencontres « d'été ».
Nous aurons de plus en plus l'intuition que ce trio est dysfonctionnel et c'est la singularité de ces relations qui tisse la trame du film. Quant à sa fin, elle est « ouverte » c'est le moins que l'on puisse dire.
Ce n'est pas un film qui flatte le spectateur parce qu'il nécessite une moisson, séquence par séquence, d'indices non conventionnels d'un récit qui semble chercher son sujet.
La singularité des liens entre ces sœurs, de leurs relations sociales, finit par peindre des personnalités attachantes malgré le peu de sympathie qu'elles suscitent de prime abord.
Un de ces films qui fait jaser les personnes qui réfléchissent aux formes sociales complexes du féminisme, à la domination de la personne « prescriptrice », celle qui « dit », à la soumission, qu'elle soit de nature sociale ou sexuelle. Des propos touffus, qui échappent au discours ordonné, didactique, mais qui font naître, au-delà de la tendresse suscitée par ces deux adolescentes, des réflexions qui ne peuvent pas se contenter de réponses formatées.