Si ce titre, trompeur, vous fait penser à la 13^e^ Coupe du Monde de foot remportée par l'Argentine, vous serez heureusement surpris de découvrir un film exceptionnel.
Il démarre en trombe, au Guatemala qu'une jeune mère va devoir quitter en toute hâte, contrainte d'abandonner son tout jeune bébé.
C'est l'exil de cette femme, puis des années plus tard les retrouvailles avec son fils, avec sa mère qui en avait pris soin, puis une séparation encore, qui sont la charpente de ce portrait d'une militante politique dont la vie est constamment en danger.
Un film qui nous confronte à cet insoutenable choix entre la militance et l'enfance, la maternité, entre l'amour et le deuil. Un être aussi précieux qu'un fils peut-il être un enjeu vital pour sa propre mère ?
Bérénice Bejo est souveraine, une actrice d'exception qui, une fois encore, révèle de ses talents des aspects restés inconnus malgré sa déjà brillante carrière.
Nous connaissions le réalisateur belgo-guatémaltèque par son précédent film Nuestras Madres (714) et il nous immerge à nouveau dans cette problématique si contemporaine de la lutte armée, du recours aux armes et à la violence contre ceux qui en usent parce qu'ils se sont accaparé le pouvoir mis au service d'intérêts particuliers.
Les qualités des éclairages et de la bande sonore qui amplifient de façon subtile les éléments qui contribuent à la tension, à l'angoisse font de ce film un témoignage poignant qui suscite une profonde empathie pour celles et ceux dont la souffrance est indicible.