Des retrouvailles bien nécessaires, celles avec un des grands metteurs en scène du cinéma qui, depuis Kes en 1969 a émerveillé un public qui aime les histoires bien racontées, socialement engagées. Ce film-ci, dont la première sortie date de 1993, mérite la plus grande attention.
Le portrait de ce couple plus que modeste se développe autour de la prochaine communion de leur petite fille adorée. La situation économique de paupérisation dans la région de Manchester est la cause de comportements, de risques et de souffrances inimaginables chez les petites gens qui ne souhaitent que travailler honnêtement.
Et aujourd'hui, le film semble d'une cruelle actualité, nous montrant le cynisme des décisions prises par des pouvoirs lointains et anonymes qui broient des vies. C'était les années Thatcher et chacun constate qu'elles reviennent, partout.
Il y a des moments qui évoquent bien, de façon métaphorique, certaines situations : la capture d'un mouton, le curage des égouts, la violence d'un usurier, d'autres encore qui donnent au récit une densité qui ne faiblit pas, e.a. grâce aux talents réunis qui, tous, des premiers rôles au moindre figurant dans les pubs, sont criants de vérité.
Un humour discret, mais bien en phase avec le récit, lui donne un peu de cette humanité qui fait supporter l'insupportable qui est comme une pluie de pierres qui s'abattrait en grêle.