Ce film roumain nous conte les derniers jours du régime de Ceausescu soutenu par une police politique féroce, la Securitate que l'on verra exercer quelques-uns de ses derniers méfaits durant le film. La charge du remboursement de la dette extérieure de la Roumanie et ses conséquences ont provoqué un véritable soulèvement populaire en 1989 que nous allons redécouvrir à travers 6 histoires qui s'entrecroisent durant le film où les changements de format d'image illustrent le changement de régime.
Nous retrouverons une nouvelle fois la théorie de Laborit si bien expliquée dans Mon oncle d'Amérique. En cas d'attaque, il y a trois types de comportements possibles : la fuite, l'inhibition ou l'agression des attaquants. Vous découvrirez les personnalités qui choisiront telle ou telle de ces voies dans un contexte quasi révolutionnaire.
Une histoire hilarante d'émission de télévision prévue pour Noël va contribuer à scander le film et le temps qui passe pour chacun, dans son destin particulier. C'est le 21 décembre que l'événement essentiel évoqué dans le film s'est déroulé : un discours de Ceausescu qui a viré à l'émeute.
Ce premier film polyphonique du réalisateur roumain restitue de façon très réaliste, pesante, une époque un peu oubliée mais qui mérite d'être rappelée car certains vivent dans les pays de l'ancienne URSS des événements inverses, ceux qui mettent en place actuellement des régimes pour qui la force est un moyen de faire prévaloir leur idéologie et leurs intérêts particuliers.
Ce film est comme une vigie que nous devrions tous intégrer dans notre réflexion politique.
A voir donc, malgré l'austérité de l'ambiance et certaines confusions de la narration, car ce film est une excellente leçon et d'histoire et de cinéma.