Olé ! Ce film n'a pas été produit par GAIA (Groupe d'Action dans l'Intérêt des Animaux asbl) car il ne nous donne à voir que des corridas, essentiellement centrées sur un torero emblématique par son courage, son inconscience et la détermination nécessaires pour pratiquer ce que d'aucuns considèrent comme un art, d'autres comme une sauvagerie.
Mais il est bien entouré par des picadors, véritables ballerines de la tauromachie et quelques rejoneadors qui montent des chevaux caparaçonnés pour que les coups de cornes n'éventrent pas leur monture.
Aucune vue du public dans l'arène où l'on entend meugler et applaudir tous les fins connaisseurs, aucune histoire pour lier les corridas successives qui nous sont montrées, pas la moindre femme qui rôde autour de ce dieu vivant adulé car il fait, avec les taureaux, une chorégraphie hautement risquée et se fait frôler par les cornes d'un animal bavant d'énervement et excité par la muleta qui dissimule l'épée qui lui sera fatale.
Nous voyons de près Andrés Roca Rey, le toréro, dont le visage est déformé par moments comme par un orgasme, une petite mort, mais la pénétration est celle d'une lame qui tue.
Outre la beauté du spectacle (qui en révulsera plus d'un) c'est le travail des 3 cadreurs qui est admirable. Ils nous donnent à voir de près ce qu'il doit être impossible de percevoir depuis les gradins.
Ce réalisateur espagnol s'intéresse aux thèmes en lien avec la mort. Pacifiction (1133) avait beaucoup fait parler déjà, tout comme cette nouvelle œuvre documentaire.
Et pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas cette chanson, un petit extrait :
Les toros s'ennuient le dimanche
Quand il s'agit de mourir pour nous
Mais l'épée va plonger, et la foule se penche
Mais l'épée a plongé, et la foule est debout
C'est l'instant de triomphe où les épiciers se prennent pour Néron
C'est l'instant de triomphe où les Anglaises se prennent pour Wellington
Ah !
Est-ce qu'en tombant à terre
Les toros rêvent d'un enfer
Où brûleraient hommes et toreros défunts ?
Ah !
Ou bien à l'heure du trépas
Ne nous pardonneraient-ils pas
En pensant à Carthage, Waterloo et Verdun ?
Nous pourrions penser aussi à Gaza et à l'Ukraine, autres lieux d'une insoutenable cruauté.