Pas du tout, nous en avons tant besoin, comme de l'humour. Si les préjugés de genre, de race et de niveau social étaient des quilles de bowling, ce film ferait un strike éblouissant. Tous ces préjugés sont abordés, illustrés avec tact ou balourdise mais avec un humour très singulier. Tout autre chose que Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu (mes billets : 54-85-603-955).
Le personnage central est un nord-africain de deuxième génération, pas trop à l'aise dans ses relations sociales, sauf avec ses potes de toujours. Et il va aborder une femme dont les parents sont asiatiques.
L'histoire de toutes ces relations nous est distillée par de courtes séquences successives dont la chronologie est souvent bousculée, ce qui ajoute à l'humour par les rapprochements que permettent ces saynètes, les clés qu'elles donnent, les situations souvent hilarantes qui sont mises en scène de façon vive et très diversifiée. Une entrevue se perpétue de loin en loin dans un tête à tête savoureux.
Une extraordinaire modernité dans l'observation de la société française d'aujourd'hui avec une façon de parler un argot incroyablement fleuri et parfois difficile à comprendre (pas seulement à cause de la médiocrité du mixage des voix qui parfois sont inaudibles comme trop souvent dans le cinéma français...).
Le réalisateur a adapté son propre roman éponyme. Et ce qui frappe, c'est la qualité des dialogues, tous taillés au mot près. Et comme s'y mélange l'amour d'un couple, de potes et des familles, il y a de la matière pour s'en amuser. Ce premier film assume son style et la distance avec le bien filmé, la bien-pensance, le convenu qui ici n'ont pas leur place. L'humour potache, parfois borderline, et ce qui l'inspire font de ce moment de cinéma plus qu'une agréable distraction.