Ne craignez pas la panne, Régis Wargnier est un excellent conteur d'histoire. Son dernier film, Le Temps des aveux (105) date d'il y a dix ans déjà mais le réalisateur n'a rien perdu de son style et il nous révèle une actrice qui va marquer : Julia de Nunez dont la ressemblance avec Brigitte Bardot lui a valu de l'incarner déjà. Elle s'impose ici dans son premier rôle au cinéma et elle est très impressionnante. Son père, interprété magistralement par un Clovis Cornillac une fois de plus convaincant comme e.a. dans Les Chatouilles (587) Un p'tit truc en plus (1471) et tout récemment Des jours meilleurs (1702) donne une personnalité au personnage qui irradiera tout le long de l'histoire, même en son absence.
Elle est la fille de ce grand restaurateur breton et elle aura une liaison avec son « second ».
Le film commence de façon à tromper le spectateur sur l'époque, mais pas sur la fougue qui unit ces jeunes amants. Un événement qui restera longtemps sans explication, va bouleverser ces vies. Deux ans plus tard, un voyage à Taïwan va nous mettre sur la piste d'indices subtilement olfactifs et gustatifs.
C'est un cinéma qui raconte une histoire dans une ambiance romanesque, un peu thriller avec un personnage énigmatique entraperçu deux ou trois fois seulement, avec des personnalités subtilement interprétées, des paysages d'une très grande beauté qui se répondent entre la France et la Chine. Les événements évoqués (la mort bien entendu, mais aussi l'envie de mourir) sont abordés de façon originale et sans en faire l'axe exclusif du récit. Une discrète proposition quasi philosophique nous est faite de méditer sur le pardon, sur le sens de nos vies souvent frénétiques et une réplique propose une belle issue : « Le silence c'est laisser une porte ouverte ». C'est une façon de parler qui résonne bien avec le titre dont le sens est loin d'être évident.