L'addition sera lourde ! Ce film est le portrait riche et nuancé d'un jeune homme qui risque de mal tourner ; il est sous bracelet électronique à la cheville. Son père est un garagiste qui bricole et s'endette en faisant des paris équestres.
Pour son suivi psychosocial, le fils est intégré dans un haras tenu par une femme harassante et un contremaître usé et autoritaire qui préparent des chevaux au steeple-chase, une discipline à très haut risque. Pour l'anecdote, la course principale sera filmée en Belgique, à Waregem lors du Grand Prix des Flandres. Les sous-titres en flamand vous seront bien utiles : les dialogues sont exceptionnellement mal mixés, plus encore que dans les films français ordinaires. Nous allons partager la vie de ce microcosme, les frustrations et les jalousies qui s'en dégagent mais aussi les engagements de ce jeune homme, ses choix moraux comme les tentations qui le rapprochent d'une nouvelle chute qui ne sera pas, elle, de cheval.
Le monde de l'élevage des chevaux de course est dépeint sans complaisance et peut-être de façon réaliste sans jamais tomber ni dans l'embellissement ni dans le mélo. Ce qui provoque des commentaires enflammés des défenseurs de ces milieux équestres.
Jappeloup (34) et Danse avec lui ou L'homme qui murmure à l'oreille des chevaux avaient, parmi d'autres films, utilisé le lien entre l'homme et le cheval pour parler de l'homme, comme cette fois encore.
L'excellent acteur principal est le fils d'un dresseur de chevaux pour le cinéma, Mario Luraschi, et il a déjà prouvé ses capacités équestres à de nombreuses occasions.
Ce film est très intéressant, au moins pour l'univers dépeint et par la façon dont il est filmé. De nombreuses images à découvrir sont très spectaculaires et contribuent au rythme haletant du film que je vous recommande d'aller voir au triple galop et dont la fin « ouverte » laisse le spectateur à ses supputations quant à l'avenir de ce lad.