Elle n'est pas facile à traverser, culturellement parlant cette fois, entre le Maroc et la France.
Sur une longue durée qui débute en 1990, nous irons sur les deux rives de la méditerranée observer celles et ceux qui y développent toutes sortes d'activités, pour s'intégrer, pour survivre, pour chercher l'amour.
Le film nous immerge par vagues successives dans des situations qui deviennent le kaléidoscope de nos préjugés, de nos séductions, de nos sentiments inspirés par la diversité culturelle. Et il fera mentir Brassens : Voir le nombril de la femme d'un flic / N'est certainement pas un spectacle / Qui, du point de vue de l'esthétique / Puisse vous élever au pinacle.
L'idée de base est de faire partager à un public qui n'en connait pas les méandres, le sort des migrants « ordinaires » que le raï réunit dans des ambiances de fêtes un peu enivrantes, comme un cataplasme sur les blessures du déracinement.
Les personnages évoqués sont multiples ce qui évite un discours simpliste, mais dissipe un peu la cohérence d'un récit qui s'apparente plus à un reportage pour un magazine télé.
L'ambiance est bonne, quelques scènes sont très savoureuses, mais nous nous sentons entre voyage organisé et enquête sociologique, heureusement dans une excellente humeur.