Ne me quitte pas pourrait résumer la supplique qu'adresse à son second mari une mère qui s'estime, non sans raison, encore aimable, digne d'être aimée.
Il s'agit donc d'un portrait de femme comme le cinéma nous en propose souvent, intime, psychologique, social et touchant. Une femme qui essaye de vivre malgré toutes les charges mentales et matérielles que doit assumer une mère de deux enfants d'un premier mariage et les deux suivants conçus avec un homme qui la fascine, ce qui n'empêchera pas le temps de faire son œuvre délétère.
Le récit couvre plusieurs années, ce qui lui confère une vérité, un « vécu » sensible entre dégradation de la relation amoureuse, altération des rapports avec les deux aînés confrontés à une adolescence impitoyable et un suivi psychologique louvoyant.
Une mise au point de la relation mère/fille est sans doute un moment qui, vers la fin de ce récit, le renforce, le rend plus profond, sensible aussi, alors que nous n'aurons jamais quitté cette intensité émotionnelle pour de vaines scènes de transition, ou des divertissements superflus. Le sujet est traité de façon très serrée et s'adresse à un large public, celui qui a vécu ou qui vivra ces crises existentielles ici filmées à la main, montées avec souplesse, et sans ces images larges qui auraient permis de prendre un peu l'air, du recul. Non, tout est montré dans des espaces contraignants, ceux sans doute qui matérialisent l'état d'esprit de cette excellente actrice norvégienne dirigée par une compatriote qui réalise avec élégance ce premier film très aimable.