L’histoire est connue de ce funambule français qui a tendu un câble entre les Twin’s Tower de triste mémoire et s’y est promené de façon vertigineuse.
Le récit est structuré de façon quelque peu artificielle puisque le héros se raconte « face caméra » depuis la torche de la Statue de la Liberté, excusez du peu.
C’est charmant, avec une partie parisienne désuète et très référentielle à la comédie musicale, des acteurs mignons, des rebondissements pour dimanches en famille.
Mais, malgré cette ambiance de vitrine de grand magasin à l’époque de Noël, la force du film vient de l’incroyable chalenge dont nous voyons se déployer sous nos yeux l’aboutissement. Et ça marche, sur le fil, si l’on ose ce jeu de mot lamentable pour un funambule.
En 3D, entièrement reconstituée bien entendu, l’image est vertigineuse. Lorsque enfin notre héros arrive à ses fins, l’on croit avoir tout vu. Et bien, c’est le miracle du cinéma, ça continue. La séquence final est prodigieuse, par la tension maintenue, celle du câble, celle du suspens, avec un soupçon de Max Sennett pour égayer le spectateur au bord de l’apocalypse visuelle et du vertige virtuel.
Il y a de jolies scènes plus intimistes, comme le lien entre le
« maître » de notre héros, des petits moments jolis qui donnent à cette promenade un parfum de romantisme et de spectaculaire unis pour le bonheur des familles.
Robert Zemeckis est le réalisateur au nom sans doute peu connu. Mais il a une filmographie hollywoodienne de tout premier plan, avec Forrest Gump qui est admiré même par ceux que ce type de films entertainment n’attire pas nécessairement.
Ici l’audace du projet, le caractère vertigineux des images, et le pincement au cœur de revoir ces tours qui ont marqué, par leur destruction, la fin d’une époque, rendent le spectacle attachant. Ajoutez-y, en les consultant sur le web, les photos de 1974 faites par Philippe Petit qui est à l’origine de l’histoire du film et vous partagerez un moment peu commun.