Ce n'est pas une Ferrari, mais un film qui prend son temps pour nous faire le portrait d'une famille, essentiellement celui du cadet : il a 16 ans, ses parents sont très épanouis dans des carrières intéressantes et son frère ainé avance très bien dans ses études. Ils vivent à quatre dans une belle maison avec piscine, retirée sur les hauteurs avec vue sur la méditerranée.
Le film va nous montrer ce coming of age et aussi un coming out assez complexe et douloureux.
La bonne idée du scénario est d'avoir immergé ce jeune bourgeois, Enzo, comme apprenti dans une équipe d'ouvriers qui construisent une maison, belle métaphore de la formation de la personnalité de ce garçon sensible et fragile. Et de façon très subtile les ouvriers, des migrants ukrainiens sont décrits avec la même bienveillance que celle dont le réalisateur avait entouré ceux de Easter Boys.
A un moment, l'un des encadrants dira au sujet d'Enzo, de façon prémonitoire « J'ai l'impression qu'il est en train de se noyer et qu'on le laisse faire ».
J'ai eu le plaisir de commenter 3 des 4 films de ce réalisateur-monteur, collaborateur de Laurent Cantet : Easter Boys (81) 120 battements par minute (428) et L'Île rouge (1205).
Et Enzo, de façon plus intime, réunit toutes les qualités qui font de ces histoires une façon de scruter en profondeur à la fois des êtres fragilisés et des microcosmes sociaux finement décrits. La seule chose que je ne comprends pas, c'est pourquoi les contribuables belges ont cofinancé ce film grâce au Tax Shelter.