Désirable, pour trois raisons au moins.
L'impressionnante mise en scène d'un groupe de jeunes en centre aéré, peu disciplinés, qui vivent ensemble des journées de vacances sous la supervision d'un petit nombre d'animateurs. Ils sont captés au naturel par la caméra avec une fluidité exceptionnelle qui donne au film un ton de vérité, de reportage.
L'habileté d'un scénario qui permet à une situation banale de devenir une sorte d'investigation dans ce microcosme populaire ou il ne se passe que de toutes petites choses, mais où les vanités de jeunes coqs créent des tensions aussi violentes qu'éphémères entre frérots.
Le destin peu ordinaire d'une des jeunes femmes qui revient pour aider à encadrer les préadolescents. Mais son parcours de vie va devenir un brulot pour ce groupe très chamboulé et nous voilà confrontés à une sorte de militance féministe contagieuse et bienfaisante pour réagir aux carcans machistes.
Le bémol est, une nouvelle fois, la qualité désastreuse de la bande sonore qui, outre le mauvais mixage des dialogues, nous rend incompréhensibles les échanges faits dans un parler très populaire mais qui contribue énormément à la véracité de ce microcosme si bien décrit.
Vous vous souviendrez de Rodéo (1049) qui avait bénéficié déjà du talent du même chef opérateur, Raphaël Vandenbussche, dont le travail contribue largement à rendre très prenante la vie de ce petit monde.
Vous ne serez pas insensibles à ces jeunes qui vivent de « rêves périmés » mais qui osent affronter la vie avec une tchatche qui les rend profondément sympathiques, malgré leur regard sur les femmes, désir obsessionnel.