Ce film est le premier d'un triptyque dont le deuxième est commenté ci-dessous ; le troisième, à venir est titré Rêves. Et le titre général est : La Trilogie d'Oslo.
Et malgré ces titres, c'est plutôt une prise de tête. Alors soyons respectueux de la proposition du réalisateur et soulignons les analogies en marquant ce qui différencie ces deux premiers opus. Mon billet sur Sexe ne reprenait que ces éléments distinctifs.
Love commence par une « consultation d'annonce » celle durant laquelle une oncologue, off screen, décrit à son patient la situation qui est la sienne : un cancer de la prostate est diagnostiqué et toutes les suites possibles évoquées. Derrière cet homme sidéré,un psychologue suit l'exposé en restant muet.
Le traitement graphique de ces films est très caractérisé par des plans moyens, larges parfois, généralement tournés à hauteur de regard et le plus souvent par une caméra immobile.
L'idée est bien compréhensible : on donne à croire que l'on assite à la vérité, sans artifice. Et les partis pris de montage convergent dans ce sens par la simplicité des raccords, par l'alternance des séquences de dialogues scandées entre-elles par d'autres « de respiration » qui ouvrent sur l'environnement dans lequel sont supposés se dérouler ces longs dialogues.
L'idée du scénario est chaque fois de proposer deux lignes narratives qui permettent de se répondre au moins sur un point, celui du questionnement que provoquent les sujets abordés.
Et nous y voilà : on parle d'amour et de sexe. D'une façon très directe, mais jamais de démonstration. Rien que des échanges de propos.
Ici c'est la jeune médecin qui réfléchit au sens de l'amour et de la sexualité. Elle est en cela, stimulée par son collègue psychologue dont le moins que l'on puisse dire est que sa vie sexuelle n'est pas conventionnelle. Il en parle avec autant de raffinement que s'il décrivait des recettes de cuisine.
Le film n'est en rien moralisateur, il ambitionne de faire une sorte « d'état de la question ».
C'est louable, mais est-ce passionnant ?