Vaut le déplacement si vous avez envie de soutenir une sorte de pochade assez bien imaginée.
Il s'agit de la conquête de l'espace au départ de l'Afrique, et donc uniquement avec des astronautes noirs. Tout commence à Abidjan en Côte d'Ivoire lieu du siège de l'UNIA, l'agence spatiale africaine (A ne pas confondre avec L'Organisation pour la défense des droits humains). Mais le gag n'est pas hors contexte.
Car nous allons subir durant ce voyage interplanétaire tous les poncifs, parfois ambigus, sur le racisme sous toutes ses formes. Ce sujet avait inspiré déjà Tout simplement noir (771). D'autres rôles interprétés par ce réalisateur avaient attiré l'attention sur un style un peu lourdingue qui n'échappe pas à son interprétation et à la réalisation de ce film-ci.
Nous y trouvons de nombreuses allusions aux racismes ordinaires et il n'est pas mauvais d'en rappeler le ridicule.
La définition des « blancs » par le mot « leucoderme » est amusante ; l'inverse n'est pas « noir » mais mélanoderme.
Tout au long de ce long voyage, des dialogues parfois drôles nous plongent dans un univers pollué par le racisme. Et c'est ce qui mérite l'attention pour ce film un peu « brut de décoffrage ». Et l'allusion au livre de Renaud Camus, Le Grand Remplacement n'est sans doute pas fortuite car le film ridiculise joyeusement bons nombres de clichés qui sont ici évoqués sans timidité ni retenue.