Good ? Chacun en jugera au sortir de cette épreuve qu'est la projection d'un récit sans histoire. Une jeune fille lesbienne part avec son père et l'ami de celui-ci pour quelques jours de marches dans les montagnes Catskills de l'État de New York, lieu superbe, com-parable sans doute à nos Ardennes belges. Ce triangle illustre fas-tidieusement les clichés en lien avec la position de la femme face aux hommes. Histoire de bien marquer la servitude de celles-ci, nous avons le privilège d'apercevoir plusieurs changements de tampons menstruels qui font écho sans doute à nombres de propos machistes échangés entre ces hommes insensibles à ce qu'ils font peser sur les épaules de cette fragile enfant. Quand on a com-pris cela, il faut prendre patience pour que ce très slow cinéma
poursuive cette déambulation qui n'est ponctuée que de regards, de phrases maladroites, de messages téléphoniques et autres acti-vités d'une immense vacuité. Même la rencontre d'un autre groupe de randonneurs n'apporte pas grand-chose au-delà des considé-rations sur les lieux de défécations en pleine forêt. Tout concourt dans ce film à placer la banalité comme principe narratif. Les dialogues, les images, jusqu'à la musique répétitive et sans intérêt font de ce spectacle quelque chose de lourd. L'incommunicabilité que le film sans doute ambitionne d'illustrer est probablement celle qui restera à l'esprit des spectateurs qui ne sont pas les thuriféraires de ce genre de cinéma.