Sombre, dans le double sens du terme.
La photographie très généralement sous-exposée contribue significativement à faire peser sur cette histoire déjà très lourde par nature, une ambiance crépusculaire. Seuls quelques zones très circonscrites s'éclairent soudain, et découpent dans l'image de rares endroits parfaitement lisibles. Ce style est efficace mais un peu appuyé pour nous raconter un moment de la vie de Santosh, une ravissante femme indienne dont le mari policier vient de décéder.
Alors, comme la loi le permet, pour ne pas être mise à la rue car leur logement était de fonction, la voilà qui s'engage à son tour dans la police, sous la férule d'une femme flic comme l'on ne souhaite pas en avoir en face de soi.
Une enquête très complexe, parfois confuse, est menée pour déterminer les coupables d'un meurtre sordide. Le viol est encore un acte culturellement admis par une large part des hommes indiens.
S'ajoute à cette complexité un effet de « caste » comme il en existe encore en Inde, dès lors, nous n'arrivons pas toujours à démêler les positions des uns et des autres.
Car comme il est dit dans le film, « Il y a deux sortes d'intouchables, ceux qu'on ne veut pas toucher et ceux que l'on ne peut pas toucher ». L'une des signatures visuelles de cette réalisatrice de documentaires qui signe ici sa première réalisation de fiction, c'est la façon fréquente de séparer l'espace par des grilles, des barrières, des fenêtres et la dernière séquence du film en est une sorte d'apothéose.
1730.
Good One
India Donaldson
2025/06
Good ? Chacun en jugera au sortir de cette épreuve qu'est la projection d'un récit sans histoire. Une jeune fille lesbienne part avec son père et l'ami de celui-ci pour quelques jours de marche dans les montagnes Catskills de l'État de New York, lieu superbe, comparable sans doute à nos Ardennes belges.
Ce triangle illustre fastidieusement les clichés en lien avec la position de la femme face aux hommes.
Histoire de bien marquer la servitude de celles-ci, nous avons le privilège d'apercevoir plusieurs changements de tampons menstruels qui font écho sans doute aux nombreux propos machistes échangés entre ces hommes insensibles à ce qu'ils font peser sur les épaules de cette fragile enfant.
Quand on a compris cela, il faut prendre patience pour que ce très slow cinéma poursuive sa déambulation qui n'est ponctuée que de regards, de phrases maladroites, de messages téléphoniques et autres activités d'une immense vacuité. Même la rencontre d'un autre groupe de randonneurs n'apporte pas grand-chose au-delà des considérations sur les lieux de défécations en pleine forêt.
Tout concourt dans ce film à utiliser la banalité comme principe narratif. Les dialogues, les images, jusqu'à la musique répétitive et sans intérêt font de ce spectacle quelque chose de lourd. L'incommunicabilité que le film sans doute ambitionne d'illustrer est probablement celle qui restera à l'esprit des spectateurs qui ne sont pas les thuriféraires de ce genre de cinéma.