C’est un film dont le sujet est inattendu : la fraude à l’importation de chiens depuis les pays de l’Est vers la Belgique et le Nord de la France. Louise Bourgouin, très convaincante, est pratiquement de tous les plans ; elle a du chien ! Mais son talent et son charme ne suffisent pas : ce film est sans enjeu. C’est un récit bien mené, simple à suivre, interprété avec adresse. Mais rien ne donne le frisson. Il y a même des séquences qui essayent de faire « genre » : polar, ou hystérie ou sensuel ou film de famille. Tout cela s’embrouille un peu et est le plus souvent mal amené, soit parce que prévisible, soit parce que cela tombe comme un cheveux sur la
soupe ; par exemple le gendre qui détruit soudain sa maison en construction... Et toute la démarche « parallèle » de l’héroïne qui, petit à petit, économise à l’insu de son oncle/employeur, manque de nuance, de finesse et de clarté. A la fin du film, Laurent Lari-vière, qui signe sa première réalisation, se prend les pieds dans le tapis. Difficile à finir un film dont l’histoire n’est qu’un récit ; pourquoi l’arrêter ? Mais les petites rivières faisant les grands fleuves, espérons d’autres films mieux construits qui leurs vaudront des grades plus prestigieux que celui de soldat chanté par Johnny.