Ce n'est pas le Pérou ! Pour rappel, cette expression fait référence à une époque coloniale où le Pérou regorgeait de richesses et d'or. Dans ce film, c'est le pays qui sert un moment de refuge au personnage dont nous découvrons le portrait, celui d'un acteur filmé par un copain, Hugo David.
L'acteur, c'est Raphaël Quenard, une personnalité pas très B.C.B.G. de la famille de Jean-Pierre Léaud dans Les Quatre*-*Cents Coups, où de Jean-Paul Belmondo dans A bout de souffle ou Pierrot le fou, ou encore Patrick Dewaere ou Gérard Depardieu dans Les Valseuses, des personnalités ingérables comme celle de Benoît Poelvoorde qui a dans ce film une courte scène très amusante.
Quenard est un acteur que l'on remarque dès son début de carrière dans Coupez (992) Novembre (1051) Je verrai toujours vos visages (1146) mais c'est dans Chien de la classe (1207) qu'il impose son style si particulier, apprécié encore dans Yannick (1274) et L'Amour ouf (1558). Ici, ce face à face documentaire fictionnalisé, filmé à l'arrache avec un appareil photo, permet de découvrir des scènes savoureuses, des moments d'humour trash, des répliques qui amusent.
Ce film de deux rofrés (frérots pour les francophones ordinaires) est une divagation sur l'amitié, la solitude et l'amour, qui aborde aussi de façon anarchisante la question de l'Art/gent.
La voix du narrateur-réalisateur nous noie dès les premières images qui illustrent l'enfance, les débuts d'une trajectoire peu conventionnelle.
Un film de niche, clivant, qui ne plaira pas à toutes les belles-mères avant un repas de première communion, mais qui témoigne qu'il est encore possible d'être audacieux, irrévérencieux, drôle et insoumis. Un film à soutenir par les athlètes du cinéma d'art et d'essai.