Le cauchemar américain ! Et dans ce film, il prend ses racines en 2020, en pleine crise de la covid.
Souvenez-vous de l'émergence du complotisme, des antivax, de la négation de la science et de l'écologie, puis ensuite tant d'autres drames, Black Lives Matter, la pédophilie dans les plus hautes couches de la société, mais aussi les violences sexuelles et l'inceste, les tueries de masse et j'en passe.
S'il existe bien une ville qui porte le nom d'Eddington dans le Maine, celle du film est de pure fiction, située au Nouveau Mexique, là où peuvent être évoqués les racismes et les questions de migration, comme si le menu décliné plus haut ne suffisait pas.
Il faudra y ajouter encore le poison naissant à l'époque des R.S. (réseaux sociaux) qui sont les autoroutes des pires dérives de tous ordres.
Et pour que rien ne manque à cette fresque étatsunienne, une compétition électorale minable, pourrie, accentue les antagonismes dans un microcosme que le réalisateur sans doute, a voulu dépeindre à la manière de Jérôme Bosch.
Midsommar (684) et Beau is Afraid (1192) avaient permis d'apprécier ce réalisateur, toujours inutilement long dans ses montages et percutant dans son approche décalée de ce qui pourrait presque être la réalité. Cette fois-ci, il n'y a pas été avec le dos de la cuillère. Et c'est, à mes yeux, ce qui affaiblit ce film qui est un immense wake up call pour ce pays qui se Tromp sur toute la ligne. Transformer tous les développements de l'intrigue en moments extravagants, se complaire dans les mitraillades, les explosions et les meurtres vus en gros plans, cela détourne du propos qui, par ailleurs, est abordé de façon très bien illustrée et percutante, avec le concours d'un casting haut de gamme.
Eddington est édifiant mais n'a pas pu réussir la synthèse de ses thèses.