Ce titre incompréhensible, repris d'une réplique de fin du film, ne dit rien de la grande richesse, de la grande finesse de ce récit dans la catégorie « psychologique ».
Nous allons nous intéresser à une jeune intellectuelle, à sa meilleure amie, toutes deux formées dans une université américaine.
Son brillant travail de thèse va lui valoir un emploi, qu'elle occupera dans le bureau de son bourreau qui a quitté les lieux.
Celui-ci, directeur de son travail de thèse, s'est comporté comme un prédateur et le film nous montre, sans explications fastidieuses, ni démonstrations pesantes, le parcours de reconstruction de cette jeune femme.
C'est un récit non dénué d'humour malgré la gravité du sujet, il est illustré d'amusantes et intéressantes anecdotes, révélatrices parfois de la désastreuse gestion des situations de viol.
Le film est séquencé « en années », celle du bébé, celle de l'incident (une litote, vous le constaterez), celle de la question, celle de l'année, avec un bon sandwich...
La première et la dernière séquence sont en continuité, refermant en quelque sorte le temps des évocations, des souvenirs de trois années, celui de la résilience.
Un des aspects remarquables du film est que la réalisatrice est aussi scénariste, (excellente) interprète et sans doute inspirée d'un évènement personnel. Ceci nous vaut une mise en scène, des dialogues, un découpage des séquences, des cadrages d'une subtilité pleine de délicatesse, aux antipodes de ce qu'il est maintenant convenu de nommer le trauma porn, cette détestable surenchère dans la monstration des scènes violentes, traumatisantes.
La douceur du chat sur l'affiche, l'utilisation du mot Baby, sont sans doute des réponses qu'un féminisme libérateur propose pour faire obstacle à la bestialité mâle. Ne vous excusez pas de saluer ce combat encore tellement nécessaire.