Qu'y viennent tous les (jeunes) couples qui ont une expérience de l'emprise, ou qui veulent comprendre ce que c'est.
Le dispositif dramatique est simple : la maman d'une adorable gosse essaye de survivre sans le père. Celui-ci tente très maladroitement de construire une liaison avec une amie.
Mais la nature perverse, narcissique de l'homme va empoisonner toutes les relations potentielles.
Nous suivons donc, au quotidien, la vie de ces personnes liées par ce qui fut et devrait être l'amour, et qui devient un enfer à cause de l'enchaînement toxique et admirablement scénarisé des choses de la vie. Si la réalisatrice propose là son premier long métrage, elle a travaillé à l'écriture de nombreux scénarios. Et cela se sent à la qualité des dialogues et à la densité du récit, qui pourtant prend son temps.
La recherche d'un partenaire pour les femmes dans la trentaine est évoquée de façon sensible.
Est-ce leur solitude qui incite les femmes à supporter, dans un premier temps, les petits signes avant-coureurs d'une complicité qui engendre une emprise et un harcèlement qui débouchent sur les violences « ordinaires » que subissent les femmes battues mais qui reviennent vers leur bourreau ?
Cette histoire comme il doit y en avoir tant d'autres semblables, est admirablement servie par un casting parfait de naturel, au premier rang duquel une petite gosse de 9 ans hyper douée, Maya Hirsbein, occupe un rôle central avec un rare instinct : soyez attentifs à ses regards, aux expressions du visage qui précèdent et suivent ses répliques. Bastien Bouillon est parfait comme on l'apprécia e.a. dans La Nuit du 12 (1019) Le Comte de Monte-Cristo (1496) Partir un jour (1713). Zita Hanrot est bouleversante en femme fragilisée et encore pleine d'espérances. Un clin d'œil aussi à Marianne Basler qui a une scène très réussie.
Bien qu'on ne le perçoive pas de façon évidente, certaines séquences ont été tournées sans que les lieux (promenade des Anglais, gares, rues...) ni les personnes croisées, témoins, ne soient préparés. Ce qui donne sans doute cet aspect naturel et un peu lâche du public qui ne veut pas se mêler de ce qui se passe.
Le titre peu explicite une fois encore, suggère sans doute une sorte d'hommage comme l'on en exprime à voix haute avant de trinquer, ici aux jours qui viennent et que l'on espère meilleurs.