Alors là, on s’accroche.
Car il y a des sujets plus primesautiers que les Sonderkommandos, juifs en sursis dans les camps d’extermination, chargés de l’extermination de leurs compagnons d’infortune. L’horreur à l’état pure. Donc très référencée. Peut-on représenter l’abjection absolue, la
« fictionaliser » ? Tout a été écrit sans doute sur le sujet.
Personnellement il me paraît que la transmission nécessite l’utilisation du média cinéma et cet effort épouvantable de « refaire » ce qui fut fait, pour le montrer. Au nom de tous les miens est un de ces films atroces mais nécessaires ; notons que les hongrois en étaient déjà co-producteur... Ils ont de la suite dans les idées !
Voilà donc l’ambiance générale qui nous plonge durant « deux journées » consacrées par un père, à donner une sépulture respectueuse à son fils retrouvé parmi les corps gazés. Est-il sujet plus poignant ?
Hélas, cela ne fonctionne pas. Si les partis pris esthétiques et techniques sont très adroits, ils ne suffisent pas.
La caméra cadre Saul « aux épaules » de dos ou de face, comme dans les films des frères Dardenne, et cela nous évite les plans larges voyeurs et immondes par le seul fait de ce qui s’y passe. Habile.
La profondeur de champs sur le visage est minimum ce qui a pour conséquence de plonger tout le reste de l’image dans un flou qui relève du cauchemar. Habile encore.
La bande sonore est d’une richesse effrayante car c’est par là que passe l’essentiel de l’ambiance, de la violence, de l’horreur dans laquelle nous sommes immergés. Habile et talentueux.
Mais voilà, un film doit rencontrer une certaine vraisemblance pour générer une réelle émotion.