Le Grand Noir. Tel pourrait être titré ce film qui va déchaîner les débats.
Alors disons d'abord ce qui me semble remarquable. L'audace de se lancer dans une n^ème^ variante d'une histoire que tout le monde connait. Avec une petite idée qui consiste à centrer ce long récit sur un chagrin d'amour inconsolable qui va nous faire voyager à travers les siècles.
Cela commence en 1480 et se termine chez les fous de L'Hôtel Dieu, dans un Paris avec tour Eiffel, en passant par la cour de Louis XIV. L'amoureux s'étant mal comporté avec un prélat ridicule et moralisateur, il est condamné à une vie éternelle et à la quête infinie de l'être aimé.
Hélas cet argument cache mal la vacuité du récit. Et des dialogues qui se terminent par cette phrase digne d'un p.v. de brigadier-chef « Tout va bien, la malédiction est levée ».
Hélas, la construction narrative invraisemblable repose uniquement sur des dialogues souvent indigents. Une musique tonitruante nous occupe les oreilles sans discontinuer et sans nuances.
Un montage nerveux donne au film un aspect de clip qui cache mal le manque de subtilité dans les transitions. On ne peut construire un film de 2 longues heures que sur le faste des décors, la beauté somptueuse des costumes et quelques petites idées malicieuses comme obliger les dames qui se font sucer le sang à mimer un orgasme.
Le maquillage de Vlad, sa perruque et son costume achèvent de donner au film un côté laborieux, poussiéreux et démonstratif qui fait obstacle à ce qui aurait pu être une histoire d'amour pour hématophages.