Une rom-com romantique certes, mais un peu mièvre qui nous fait suivre quelques mois de la vie d'une dame dont le métier est matchmaker. Rien à voir avec une fabrique d'allumettes, mais une profession qui se pratique dans des petites sociétés qui se font payer par des hommes et des femmes en quête d'une rencontre bien préparée. Donc premiers rendez-vous très commentés, séquence de mariage, malentendus et déceptions, bref toute une gamme de ces tentatives est évoquée. Et notre personnage central succombe à son tour mais un amour de jeunesse va (laborieusement) reprendre force et vigueur.
Nous comprenons bien que ces innombrables intrigues et dialogues ont l'ambition de nous rappeler que l'amour n'est pas une question de revenus, d'âge, de taille, de profession et autres critères objectivables. Ce n'est pas une question qui se traite de façon matérialiste.
La réalisatrice avait démontré sa délicatesse, sa subtilité dans Past Lives (1347) et ce film-ci n'en manque pas. Ce qui manque surtout ici, c'est le rythme, l'inattendu.
Mais le charme et le talent de Dakota Johnson aident à prendre patience ; elle est excellente, très joliment filmée en 35 m/m, ce qui contribue à donner une douceur générale au récit.
La séquence d'ouverture du film m'a fait craindre de m'être trompé de salle tant elle est surprenante ; à la fin du film, elle trouvera sa raison d'être, sympathique, un peu nunuche.
C'est à N.Y que le film se déroule mais la pratique des mariages arrangés est très répandue à travers le monde, ce qui suggère que nos élans romantiques évoluent vers le matérialisme des sites de rencontres et nous rapprochent des mœurs en usage ailleurs. Va-t-on en revenir aux négociations des dots ? J'en doute, mais le dating entre dans les mœurs.