Le Dalaï-Lama s'installe face caméra, devant un fond noir et il s'apprête à nous parler droit dans les yeux. Nous entendrons sa voix in et off tout au long de ce prêche dans le genre « Tout le monde désire la paix et le bonheur ».
Ce style de prêchi-prêcha enfantin finit par donner l'impression que nous sommes débiles et qu'il est gâteux.
Certes affirmer que la compassion est « le sentiment essentiel » devrait faire l'unanimité, mais c'est un tel truisme en complète rupture avec la réalité que cela en devient pitoyable.
De nombreuses images illustrent ce monologue façon prédicateur pour sectes pacifiques. Elles sont généralement belles, parfois intéressantes et lorsqu'elles abordent la douloureuse question des relations du Tibet avec la Chine, le propos est tellement édulcoré que l'on n'apprend pas plus que les banalités qui circulent généralement à ce sujet lorsqu'il est survolé de façon superficielle.
Une musique singulière et lassante s'efforce de donner une touche d'exotisme à ce vieil homme déguisé qui inspire à son égard la compassion tellement prônée par lui comme remède à tous nos maux. Il rejoint là quelques images de Papes gâteux que nous avons vues à de nombreuses reprises, ânonnant sans y croire, des paroles formatées qui se perdent dans un vide sidéral, sans la moindre conscience du malheur.