Les « goûteuses » faisaient, pour Hitler, ce qu'un échanson faisait pour le Roi : s'assurer qu'il n'y avait pas de poison dans les mets ou les boissons. Sous le IIIe Reich, la fonction était celle d'esclaves, toutes des femmes.
Nous allons petit à petit découvrir leurs destins singuliers, à elles sept qui se retrouvent en service forcé dans la Wolfsschanze, la tanière du loup d'Hitler en Prusse orientale, (aujourd'hui la Pologne) entre 1943 et novembre 1944.
Et il n'y a pas d'immenses événements, mais de très nombreuses histoires, des incidents. Sauf le 20 juillet 1944, lorsque le colonel Claus von Stauffenberg réussit à poser une bombe à l'occasion d'une conférence tenue là par Hitler. Le film y fait allusion et petit à petit l'arrivée de l'Armée russe modifiera les comportements.
Vous retrouverez les qualités de La Chambre de Marianna (1711), coproduit aussi par Tarantula, dans la restitution admirable de cette atmosphère de la guerre vécue loin du front, mais sous la férule impitoyable d'hommes que l'uniforme transforme en monstres.
Le réalisateur a déjà une longue carrière depuis le début des années 80 ; n'ayant rien vu de lui, je soupçonne que ce film-ci tranche très positivement avec ses films précédents.
Vous serez sensibles à la façon dont les protagonistes sont filmés, pratiquement toujours de près (en plan épaules ou poitrine) ce qui nous amène à ressentir leurs émotions, leurs angoisses avec une vibrante intensité.
Comme le casting est parfaitement équilibré, toutes et tous semblent « vrais » et la musique d'une grande richesse dramatique contribue à créer cette ambiance oppressante ; mais avec goût.