Le Grand Michel ! Il est des prénoms qui, depuis Alexandre, suffisent à évoquer l'exceptionnel, le talent, le génie parfois. Celui de ce musicien hors pair est de ceux-là et le titre fait un petit clin d'œil à un autre génie de la musique de film, Ennio (971) ce qui est on ne peut plus pertinent, même si Legrand avait un talent de plus, celui de chanter.
On ne peut seulement s'abriter sous Les Parapluies de Cherbourg pour évoquer ses succès, ils sont innombrables, tant pour les chansons de la grande époque Canetti, Juliette Gréco, Catherine Sauvage, Serge Gainsbourg et même Jacques Brel par exemple. Et pour des films inoubliables, en partie par la qualité de la musique qui les évoque immanquablement.
Une des choses qui épatent c'est la diversité des styles maîtrisés par ce mélomane incomparable, dont la culture musicale semble capable de maîtriser et interpréter tous les genres, avec une joie rayonnante et sans cesse renouvelée.
Le montage du film est d'une virtuosité digne de l'artiste dont on fait le portrait, celui d'une vie de succès et de bonheur, sans pour autant s'attarder sur les aspects privés de son existence, mais sans cacher pour autant le caractère fort de ce compositeur, chef d'orchestre, pianiste et chanteur. Le rythme de ce documentaire nous transporte et les raccords musicaux sont époustouflants. David Hertzog Dessites réussit là un film exceptionnel, lui qui n'avait jusqu'alors, guère eu l'occasion de montrer son talent et sa sensibilité que la fréquentation d'un génie, deux années durant, ont permis d'imposer comme une évidence pour le grand bonheur de tous.