Vous risquez de vous faire mordre ! Ce titre désigne un flic. C'est une dystopie qui nous immerge, en 2045, dans une sorte d'enquête dans un Paris partagé en zones déterminées par la classe sociale de celles et ceux qui y habitent. Des passages de contrôle limitent les déplacements des citoyens, tous « bagués », porteur d'un bracelet permettant de les identifier... s'ils le portent !
Le film démarre littéralement sur les chapeaux de roues par une poursuite en voiture, de celles dont on sent que le réalisateur a voulu faire un numéro de bravoure, surenchérir sur ses collègues nombreux s'étant livrés à ce vain exercice du chat et de la souris dans des bagnoles hyper puissantes, ici le long des quais de la Seine.
La musique et des bruitages très présents accompagnent cette chasse à l'homme de façon tonitruante. Et nous découvrons l'usage de drones façon guerre d'Ukraine, qui font ici une entrée remarquée comme acteurs de cinéma.
Un autre dispositif hyper sophistiqué est imaginé, la visualisation précognitive.
La précognition est la connaissance d'informations concernant des événements et des situations futures acquises autrement que par déduction logique. Un dispositif visuel mélangeant l'animation, l'intelligence artificielle personnalisée par le nom Alma qui la désigne, et tout un blabla futuriste permettraient d'anticiper les méfaits des méchants. Ce n'est pas la première fois que cette idée farfelue inspire le cinéma : Minority Report de Spielberg, Les X-Men, et autres Spider-Man parmi d'autres personnages dont les histoires ne sont pas de celles qui me passionnent le plus.
La dimension humaine est incarnée par deux super-flics, issus de zones voisines et laborieusement incarnés par Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos qui ont été meilleurs. Romain Duris, Louis Garrel, Valeria Bruni Tedeschi e.a. s'efforcent de façon pitoyable de donner une dimension humaine à un récit totalement abscons où seuls dominent les rapports de forces qui régissent même l'amour. Et vous remarquerez que c'est la femme qui a l'initiative du premier baiser, ce qui donne une petite touche de féminisme à ces élucubrations. Nous avions vu Novembre (1051) qui s'inspirait de faits réels, ce qui convient sans doute mieux aux nombreux talents du réalisateur qui avait été très apprécié par le public pour La French, HHhH, Bac Nord. Ici, me semble-t-il, il s'est dissipé dans une grande confusion d'aboiements qui ne débouchent sur pas grand-chose.