Un règne un peu long.
Je ne résiste pas au plaisir de vous renvoyer à cet article http:// leplus.nouvelobs.com/contribution/1440904-mon-roi-avec-vincent-cassel-l-imposture-maiwenn-en-5-points.html qui, à mes yeux, est l’image même de ce qu’un nul malfaisant peut écrire d’une plume boursoufflée et vaniteuse, pour se faire valoir.
Il est vrai que la réalisatrice Maïwenn est un personnage peu ordinaire qui a fait couler déjà beaucoup d’encre à ragots.
Peu importe, souvenons-nous de Polisse qui était un film très frappant et passionnant.
Ce film-ci ne l’est pas moins, si l’on accepte de s’intéresser à un couple, au lieu d’une jeunesse en danger.
Ce couple « charmant », Vincent Cassel et l’éblouissante Emma-nuelle Bercot, se ravagent petit à petit. Un sadomasochisme bourgeois d’une cruauté psychologique paroxystique. A un moment, le spectateur n’en peut plus de tant de cruauté mezzo voce, et de soumission, celle d’une chienne battue, humiliée, qui revient vers son bourreau, certaine qu’elle recevra quelques caresses avant les méchancetés auxquelles il est incapable de mettre un frein.
Bien, tout cela est fort joliment filmé, avec un dialogue très soigné, riche, plein d’ornementations. Les scènes sont « banales » et à
dessein, puisque l’idée est que « n’importe qui » peut entrer dans cet enfer bourgeois et ravageur.
L’ennui vient doucement d’une certaine répétition des crises, d’une maladresse dans le désir de démontrer, d’une série de clichés qui, au début, aident à situer les choses, mais après les alourdissent par leur banalité sans surprise.
Pour ma part, LA grande erreur de ce récit tient au fait qu’il est construit en flashback, je devrais dire en anamnèse pour parler chic : l’héroïne se fait mal au genou et c’est durant sa longue convalescence en centre de thalasso, je ne sais quoi, qu’elle se souvient...
Et comme elle a bonne mémoire, elle se souvient de tout, ne nous épargne rien, ce qui nous oblige à de nombreux aller/retour dans cet institut qui sent le chlore et les huiles essentielles. Cet aspect du scénario est totalement dépourvu d’intérêt.
Et de nombreux moments auraient dû être raccourcis dans le montage.
Mais ceux qui aiment voir des gens que le bonheur aurait pu immuniser et qui se déchirent comme des charognards de l’âme, ces spectateurs-là, s’ils délaissent leurs revues de psychologie sur papier glacé, s’immergeront, avec un grand frisson, dans cet univers pervers et BCBG.