Une opération cinématographique spéciale ! Celle d'un enseignant de Karabach, ce lieu où tout le monde rêve de vivre, qui a pris l'initiative de (se)filmer pour témoigner de la vie loin derrière le front depuis la guerre en Ukraine.
Et c'est très impressionnant car il n'y a pas grand-chose d'autre dans le film que la vie de cette jeunesse de plus en plus sous l'emprise de la propagande et du crétinisme du pouvoir.
Une jeunesse qui rappelle celle du IIIe Reich dans les années 30, celle de la Corée du Nord aujourd'hui, et celle de tant de pays qui ont essayé d'asservir leur population, alors que l'histoire démontre que cela ne fonctionne jamais. Mais au prix de combien de souffrances !
Ici ce sont des images, des cérémonies, des cours dans les établissements scolaires qui donnent le vertige. Le narrateur commente tout cela longuement et presque de façon ordinaire, sans pathos, sans se mettre lui-même à nous haranguer et nous voyons comment les cerveaux sont transformés en perroquet.
Mais lorsque l'image manque, que l'écran est noir et que seule s'entend la cérémonie des funérailles de soldats revenus dans leur cercueil, le hurlement des mères éclaire de façon éblouissante l'horreur absolue.
Le réalisateur de ce documentaire utilise les images filmées par Pavel \"Pasha\" Talankin que l'on voit et entend dans le film. Il était l'un des enseignants qui soudain, ont entrepris une courageuse démarche de résistance. Sa maman est la bibliothécaires de cette école, microcosme de l'emprise d'un dictateur sans scrupule qui s'en prend même à la jeunesse en mentant sans vergogne, voyez son nez sur l'affiche.