Elles sont toutes perdues. Pourtant le réalisateur est d'un format exceptionnel, avec e.a. Phantom Thread (4778) et Licorice Pizza (907).
Il se lance ici dans une ambiance qui mélange Civil War (1470) et le western viril, dans un récit qui débute avec une mère volcanique et se termine 16 ans plus tard avec sa fille qui ne l'est pas moins. Le film suscite la sympathie car il confronte l'Amérique trumpienne (inspirée par l'époque de Reagan) avec des groupuscules qui poursuivent, armes à la main, des rêves révolutionnaires. L'attaque d'un centre de détention pour migrants en ouverture de film est un moment très réussi.
Mais tout ce fatras idéologique m'a paru d'un infantilisme qui gâche le spectacle. Car du spectacle, il y en a. On sent le bonheur du réalisateur à mettre en scène des séquences tumultueuses, violentes, avec une surenchère de cascades en voiture, hors normes.
Le film a coûté une fortune, il a été filmé en Vistavision, dans des décors somptueux et sans doute difficiles à contrôler. Bref une débauche tape à l'œil.
Oui, Leonardo DiCaprio et Sean Penn se surpassent, mais pour défendre quels rôles, quelles ambitions en termes de contenu ? L'un et l'autre font un numéro d'acteur dont le moteur m'a paru très construit, poussé trop loin et manquant de crédibilité.
Ce qui laisse un sentiment de défaite après l'engagement des meilleures forces dont le cinéma américain dispose.