Pourquoi un titre aussi peu intéressant pour le film d'un réalisateur admiré déjà e.a. pour Un homme idéal, Boite noire (854) Visions (1263) ? Ce film n'a pas été soutenu par la presse, sans doute parce qu'il est singulier, à analyser sous des angles différents, parfois complémentaires mais qui souvent donnent une impression de décousu, de construit, d'artificiel.
Une autrice est en résidence et une assistante IA la suit à chaque instant, mélangeant exécutions ancillaires et coaching de psy, agence d'information et agenda corsetant chaque heure de chaque jour. Une sorte de dame de compagnie dont il sera difficile de s'affranchir.
Petit à petit nous découvrons les traumas, graves, de cette femme que Cécile de France interprète de façon convaincante, n'était le fait que son personnage est trop cérébral, presqu'inhumain. Au moins ne joue-t-elle pas de son charme, de son irrésistible séduction.
Outre la question très présente de l'immixtion de l'IA, se pose aussi la question de l'inspiration, de la légitimité des créateurs et de leurs œuvres. Des flash-back nous mettent sur cette piste sans aller au bout de ce chemin-là.
A ces thèmes s'ajoute celui d'un couple défait mais qui ne se déchire pas. Et la question centrale du fils qui est à la fois source d'inspiration et cause de la panne d'inspiration.
Ajoutez une pincée de pandémie, un soupçon de paranoïa et vous aurez toute la gamme des ressorts qui ne rebondissent guère, hélas. Ce n'est ni un film d'horreur, ni de science-fiction, ni fantastique, un thriller sans angoisse, une dystopie un peu provinciale.
C'est un film très soigné et le metteur en scène démontre une fois encore son talent, mais sur une matière trop mouvante pour être émouvante.