Partagez le trouble de ces jeunes chanteuses de chorale, très imprégnées de religiosité, qui sous la direction d'un chef assez autoritaire, parfois sadique, va prendre ses quartiers dans un couvent en travaux pour préparer un concert.
La première image proposée est celle du dessin rougeoyant d'une vulve sur une sorte de tapisserie traditionnelle. Très vite, dans sa version horizontale, nous comprenons que le dessin pourrait être celui de lèvres pulpeuses et rougeoyantes de maquillage. Une image insistante de nombril complète la série des lieux troublants du corps. Nous irons des raisins trop verts à une grappe mure et bien sucrée en passant par nombre de fleurs colorées, épanouies et butinées.
C'est donc le récit d'un moment de basculement dans la sensualité féminine et le personnage central n'est pas la plus délurée. Ce qui nous permettra d'être témoin de ses découvertes et de ses émois.
La réalisatrice slovène s'était déjà intéressée à cette question dans un court métrage consacré à la sexualité des grands-mères de son pays au début du siècle.
Elle réussit pour ce premier long métrage deux choses rares : diriger des jeunes filles non professionnelles avec une très grande subtilité (l'essentiel se joue dans les regards) et aborder avec un tact sans grivoiserie ni voyeurisme, des questions universelles qui accompagnent la transformation des chrysalides en papillons.