Terre de roseaux, tel est le titre en français de ce premier film d'un réalisateur néerlandais tout à fait singulier.
Il faut d'abord souligner la grande beauté des images de paysages dans des lumières naturelles, la richesse subtile de la bande sonore qui, plus que de donner des informations, crée cette tension ténue que l'inconnu peut générer dans des lieux et des circonstances hors du commun.
C'est le cas de ce coin de pays enclavé dans des zones presque submergées, où d'immenses roselières occupent un agriculteur, au masque découpé à la serpette, qui sera le personnage principal. Rien n'est expliqué dans le film. Cartésiens s'abstenir ! C'est l'ambiance de cette communauté rurale qui est décrite par nombre de détails qui se succèdent sans liens apparents.
Un meurtre sera une sorte d'allégorie de la décrépitude des lieux. L' évolution des activités locales est évoquée, comme est présentée une activité de théâtre scolaire. La concurrence chinoise vient même tendre les relations de ce commerce de roseaux et les menaces de la modernisation sont suggérées par des tracteurs façon Duel (un film de Spielberg).
Nous sommes sollicités par des ambiances où se mêlent le fantastique et l'enquête de proximité, où les détails apparemment insignifiants concourent à ce récit qui est plus une fresque qu'une histoire. Ici c'est le roseau qui fait penser l'homme.