Il s'agit de sauver 23 otages Sud-Coréens qui n'ont rien trouvé de mieux, en 2007 que de faire un voyage à Zabol dans le sud-est de l'Afghanistan, où ils furent sauvagement capturés le 19 juillet par des Talibans. Ces révolutionnaires sont organisés en jirga, assemblées tribales qui, dans l'ethnie pachtoune, visent à prendre des décisions par consensus. Ce qui compliquera les négociations pour libérer ces otages. D'autant que la contrepartie exigée, la libération de Talibans détenus par le pouvoir en place à Kaboul, nécessite une négociation triangulaire, perturbée un moment par d'audacieux opportunistes qui veulent profiter des secrets de ces négociations pour s'y immiscer, espérant rafler la mise.
Ces négociations seront, comme à chaque fois, mises en difficulté par les principes selon lesquels on ne négocie pas avec les preneurs d'otage, on ne paye pas de rançon, et degré supplémentaire de complexité, l'honneur en Corée. Il est ici confronté à d'autres valeurs impérieuses, comme celle de la vie d'évangélistes presbytériens dont le chef sera abattu par ses geôliers en dépit de la réaffirmation que l'Islam respecte la vie et les invités. 5 jours plus tard un deuxième otage est abattu. L'ambiance devient intenable parmi les autorités coréennes confrontées à une pression terrible, celle des ultimatums à court terme qui se succèdent et donnent à ce drame une intensité terrible.
Ce n'est pas le premier film qui raconte cette forme abjecte de conflits qui génèrent une totale déshumanisation à laquelle le IIIe Reich avait eu abondamment recours.
Argo, Otage à Entebbe (516), 5 septembre (1161) en sont des exemples contemporains.
Ce qu'il y a de particulier dans ce récit « coréen » est sans doute la véhémence des autorités politiques prises de court et écartelées entre plusieurs principes défendus à différents niveaux de responsabilité. Les interviews télé en direct sont des moments particulièrement bien exploités. Un héros solitaire joue un rôle essentiel, façon James Bond, qui personnalise une histoire très complexe dont les subtilités accentuent encore l'extrême tension qui ne faiblit à aucun moment.
La réalisatrice coréenne a déjà une longue carrière de cinéaste militante. Et l'importance donnée dans ce récit aux questions éthiques est sans doute ce qui le singularise.
Le seul risque à voir ce film est d'être atterré une nouvelle fois par les abjections commises au nom d'Allah, prétendu sauveur.