Gaza outragé, Gaza brisé, Gaza martyrisé, mais Gaza adoré.
Tel pourrait être le sens de ce film tout à fait singulier qui met en dialogue la réalisatrice iranienne et une ravissante jeune habitante de Gaza, Fatima Hassouna, photographe et témoin de l'abominable massacre qui se déroule au-delà de toute justification sous les regards effarés et impuissants de la terre entière.
Ce qui n'est pas dit, c'est que la réalisatrice fut, comme cette habitante photoreporter, photographe dans sa jeunesse à Téhéran. Témoignant d'une empathie affectueuse pour la jeune gazaoui de 25 ans, scrupuleusement voilée et rayonnante, elle l'interroge par WhatsApp lors de conversations régulières entre le 24 avril 2024 et le 15 avril 2025. Ce sont ces échanges presque ordinaires qui créent une immense émotion car nous savons le contexte évoqué par petites touches : le manque d'eau, de nourriture, les bombardements, les destructions, les morts, tout ce qui est l'ordinaire de cette ville sans perspective mais dont les habitants sont fiers. Des photos des lieux, de courtes interventions issues des médias télévisuels scandent ce dialogue que l'on pourrait considérer comme intime alors qu'il touche à l'universel.
Les photos de cette jeune femme ont été vues dans la presse du monde entier, accablantes visions de la réalité de cette offensive offensante. Et lorsque le film a été sélectionné pour le festival de Cannes le 15 avril de cette année, la nuit même, des bombardements anéantissent cette femme témoin et toute sa famille. Par hasard sans doute...
La télécommunication permet aujourd'hui un regard sans travestissement sur les pires massacres. Ne baissez pas les yeux.