Jaune ? Oui, et à six branches. Le film commence à l'été 1940 de façon bon enfant, il fait beau et c'est la guerre, c'est même la défaite et le début de l'occupation.
Poelvoorde quitte l'uniforme, ce qui en fait un déserteur, ce qu'il revendique comme étant une autre façon de faire la guerre.
Nous sommes entrainés ensuite dans une succession d'histoires que l'époque impose : des résistants, des collabos, des gestapistes français (vous apprécierez le nom de l'un d'eux : Bouvier), des occupants en uniforme (un casting superbe !) et d'autres en manteaux noirs et chapeaux mous.
Bref, que du classique déjà vu mille fois.
Sauf que les personnages que l'on va suivre, hommes, épouses, enfants, ont tous un lien avec la persécution des Juifs. Et chacun se fera son opinion sur le traitement de cette question qui se veut ici en dehors du conformisme respectueux.
Une femme se fait traiter de « youpine qui tapine », faute de kippa on utilise des serviettes trop amidonnées etc. A découvrir durant ce film qui distrait autant qu'il interroge. Et j'ai trouvé que l'utilisation de stéréotypes antisémites en cette période de recrudescence de l'antisémitisme crétin risquait de provoquer quelques rires gras que l'on aimerait mieux ne pas entendre.
Pascal Elbé est très actif depuis trente ans tant comme comédien au cinéma et au théâtre, que comme réalisateur, dans le genre comique du Splendid, du Café de la Gare. Ce film est son quatrième long métrage dans lequel il tient un des rôles importants.
Ce film mérite d'être vu parce qu'il est de qualité et commenté parce qu'il soulève des questions qu'il ne faut jamais se lasser de débattre. Et ainsi indiquer, à un jeune public surtout, comment suivre la bonne étoile.