De ce réalisateur suédois nous avions apprécié déjà The Nil Hilton Incident (424) et La Conspiration du Caire (1040) qui abordaient des sujets en lien avec la politique égyptienne, et pas pour l'encenser ! Ici nous sommes plongés en pleine intrigue politique entremêlée avec des questions de vie privée traitées non sans un certain humour et une certaine provocation à l'égard du conservatisme ambiant que l'Islam fait peser sur l'Égypte.
Le film débute par un générique imprimé sur des affiches peintes à l'ancienne comme il y en avait autrefois, placées chaque semaine à la devanture des cinémas. Sans doute un plaisir pour le réalisateur dont la notoriété fut d'abord celle d'un grapheur mondialement connu.
L'histoire commence de façon amusante dans le milieu de la production cinématographique égyptienne des années 50 à 70 : tournage, vedettariat, glamour. Mais très vite nous sommes amenés au cœur du sujet : les dirigeants politiques et militaires. Et vous découvrirez que ce ne sont pas des enfants de cœur.
L'on sent tout au long du récit la charge frontale contre le pouvoir autoritaire et cynique.
Le spectaculaire assassinat d'Anouar el-Sadate le 6 octobre 1981 a inspiré une séquence très réussie du film comme d'autres moments « politiques » plus confidentiels : soirées de gala, dîners, tournage sous contrôle d'un film hagiographique sur le président de la république.
Le titre désigne les complotistes qui feront couler beaucoup de sang, au nom d'une idéologie peu développée ici, mais qui a un grand parfum d'actualité. Et il ne faut pas être un aigle pour décrypter les intentions du réalisateur qui donnent au film toute sa saveur.