Le cinéma coproduit par la Serbie et la Croatie, tourné en Macédoine du Nord, dans le village bien connu de Kodžalija, n'est pas le plus présent sur nos écrans. Ce qui est déjà une première excellente raison de voir ce film au croisement d'une histoire d'amour dans une ambiance, sinon de comédie, au moins imprégnée d'humour, et d'un documentaire social sur une communauté turque Yörük. Le cinéaste macédonien d'origine new-yorkaise a été remarqué pour un court métrage, ce film-ci est sa première réalisation de fiction.
Un père veuf, éleveur de moutons, a deux fils ; le second, remarquable acteur, est mutique.
Les enfants dans ce milieu, doivent contribuer au travail agricole, au dépens d'études qu'ils ne peuvent mener à leur terme.
L'intrigue qui fait tout le charme de ce film relate une histoire d'amour contrarié dans une ambiance de conflit des générations. Le titre « disque jockey » induit déjà ce sur quoi le clivage se focalisera : la musique et les amusements d'une jeunesse qui aime danser, alors que la bienséance traditionnelle et l'emprise religieuse musulmane sont très conservatrices.
Ce qui nous vaudra une séquence réjouissante de détournement d'un minaret parmi d'autres moments de confrontations mais aussi de tendresse propres à ce « coming-of-age ». Vous verrez une nouvelle fois que le geste déterminant du premier baiser est à l'initiative d'une jeune fille.
Un récit qui devrait figurer dans le guide du routard du cinéma.