La honte de nuit ! Comment est-il possible de consacrer tant de travail, de talent, d'argent et d'énergie à produire un film dont la simple lecture du scénario aurait dû suffire à arrêter les frais. Certes Un peuple et son roi (542) L'exercice de l'État du même scénariste-réalisateur avaient impressionné par maints aspects.
Mais ici nous sommes au comble de la confusion, face à une inextricable suite de lieux communs plus ou moins sophistiqués qui ne s'emboitent jamais harmonieusement.
Un couple de savants atomistes semble en proie à des questionnements existentiels. Ils ont une fille joliment prénommée Salomé, celle sans doute qui fit décapiter Jean-Baptiste. Mais elle n'apparait que deux fois à table avec ses parents, histoire de leur faire des reproches, ce qui en fait un personnage totalement sous exploité. Il y a des réunions d'atomistes qui se posent de graves questions, des cours sur la demi-durée de vie, bref tout un fatras qui essaye en vain de donner du sens à cette histoire qui flirte avec des préoccupations sérieuses : la fonte des glaciers, les matières fissiles, l'avenir du climat et de la planète, rien de moins !
Nous avons même droit à une séquence de vision virtuelle et une théorie sur la vague scélérate, sujet qui aurait, à lui seul, dû concentrer l'attention. Il s'agit de vagues aussi rares que gigantesques et ravageuses dont l'observation scientifique est récente mais dont une avait été immortalisée déjà par le peintre japonais Kanagawa.
Et puis cette extase devant des tableaux de Rembrandt à Londres, aussi artificielle que dénudée de sens. Si vous avez envie de visiter la National Gallery, faites-le en visionnant ce film d'exception dont c'est le titre, réalisé par Frederick Wiseman (112). Ici, ce n'est que du prêchi-prêcha mystique avec une tentative de lien avec la science.
Nous avons même droit à une séquence de conduite dangereuse en voiture et à des moments d'enquête policière par des pieds nickelés. Comme souvent dans les films français, nombre de répliques sont inaudibles, incompréhensibles et mal mixées.
Et pour assaisonner le tout une musique qui insiste lourdement et de façon répétitive, sans charme aucun. L'intention appuyée de recourir aux éclairages en clair-obscur (ce qui nous attend si l'on n'a plus d'électricité ! Pigé le lien ?) est à Rembrandt ce que le clairon est à la musique.