Il ne s'agit pas de la célèbre plage du débarquement du 6 juin 1944 mais du nom de la ville la plus peuplée du Nebraska dont Lincoln est la capitale.
C'est vers Omaha que cheminent un père et ses deux enfants accompagnés d'un chien, qui quittent, au début du film, leur maison de Californie pour des raisons peu explicites mais manifestement dramatiques.
C'est un road movie très introspectif. Le père est pratiquement muet mais très attentif à ses deux jeunes enfants. La fille de 10 ans est particulièrement mûre pour son âge et son frère cadet, excellent acteur lui aussi, exprime toute les émotions de son âge, sans les pudiques réserves de sa sœur et de leur père.
Ce voyage dont on ne sait le but, se déroule sous des cieux superbes dans des paysages magnifiques qui sont des découvertes tant pour ces enfants que pour les spectateurs.
Lentement le désespoir mal compensé par quelques crèmes glacées et un beau cerf-volant, va nous envahir aussi, quelques événements annonciateurs nous préparant au déchirement final.
Pour bien comprendre, il faut savoir qu'une loi mal faite permettait, dans cet état, d'abandonner ses enfants. La loi visait naturellement les nouveaux nés, mais sans le préciser par une limite d'âge.
Il n'y a guère d'anecdotes, de petits événements marginaux dans le cours de ce voyage, mais l'on sent monter une profonde émotion devant ce destin d'errance sans que l'on ne puisse anticiper l'objectif.
Vous serez sensibles à la remarquable spatialisation des sons qui contribue à une sensation de grands espaces dans lesquels vont se dissoudre ces trois destins.