Ne vous cachez pas derrière, regardez par-dessus, c'est une plongée dans un monde si proche -- un refuge du Centre Public d'Action Sociale de Bruxelles -- et si méconnu.
Ce documentaire a été tourné avec un très grand tact, captant nombre de femmes « réfugiées de l'intérieur » en suivant principalement l'une d'elle, dans ce milieu où est organisé, vaille que vaille, l'accueil et l'accompagnement de personnes en détresse.
Comme dans le très remarquable Les Invisibles (591) nous partageons les journées faites d'incertitude et d'espoir, d'attentes et de recherches de liens humains.
Mais ici, nous sommes dans un documentaire qui se regarde avec émotion et intérêt, admiration et estime pour toutes les personnes que nous croisons.
C'est avec le même talent que cette réalisatrice nous avait séduit déjà avec Temps mort (1178) qui traitait d'un sujet en lien avec l'univers carcéral qui n'est pas sans analogie avec ce centre d'accueil et d'hébergement.
Il est situé à Bruxelles, rue du Petit Rempart, entre la Grand-Place et la Gare du Midi. En 2019, il a accueilli 1.425 adultes, 344 enfants, il a offert 37.495 nuitées et une moyenne quotidienne de 103 personnes y sont hébergées en journée.
Et l'on ne comprend pas que ce type de structure ne soit pas financée de façon digne et pérenne. Ce que le film fait bien comprendre, c'est que ces femmes ne souffrent pas seulement de leurs conditions matérielles, elles sont le plus souvent les victimes d'hommes dont la violence est invisibilisée.
Ce film montre puissamment qu'il faut agir de façon déterminée pour que cesse cet immense scandale dont personne ne veut voir ni financer les besoins criants, laissant derrière un rempart ce que l'on veut ignorer.