Très moyenne pour ne pas dire nulle. Et immorale en plus. Prenez 4 comédiens parfois bons, 3 jeunes, et créez une unité de lieu d'exception : une villa toute en courbes avec piscine à débordement panoramique, truffée d'œuvres d'art et, logés plus bas, un couple de concierges avec une sympathique adolescente qui fête ses 20 ans. La fille du couple « d'en haut » présente son amoureux à ses parents. Légèrement racisé et issu d'un milieu social plus modeste, il vient d'être diplômé « avocat », métier du maître de maison dont l'épouse est une comédienne de renom. Ce qui donne des envies à sa fille. Avec des cartes comme celles-là vous avez autant de chances qu'au tarot de dire d'importe quoi et n'importe comment. Les pires gags sont téléphonés, les dialogues sont écrits pour placer des « punch lines » de bistrot, tous les clichés possibles défilent à la queuleuleu, lourdement, comme pour accompagner une dépouille.
Au-delà de cette pitoyable mascarade, il faut évoquer le système économique qui nous prépare à une lobotomie générale financée par Monsieur Bolloré, ici via C8, dont le récit serait picaresque s'il n'était annonciateur d'une domination idéologique particulièrement réactionnaire. Une trumpisation à la française. Et ce qui est consternant, c'est que le tax shelter crache au bassinet via une maison de production qui, une fois de plus, fait son beurre sans que le cinéma belge n'en soit bénéficiaire en quoi que ce soit.
Dans le climat d'économies à chercher partout, il ne faudra pas s'étonner que ce système de financement soit attaqué et ce ne sont certainement pas des bouses de cette ampleur qui vont fournir des arguments pour sa défense.